Tout ce qui suit concerne Peptide. Nous restons clairs, nous nous appuyons sur la littérature et distinguons ce qui est solide de ce qui reste ouvert.
Cette page a été mise à jour le 2025-10-25 et est revue régulièrement.
Début 1933, lorsque l'écrivain arménien Archag Tchobanian rentre d'une mission en Arménie soviétique, il donne une conférence organisée par l'Association des anciens volontaires arméniens de l'armée française dans laquelle il raconte son séjour. Missak Manouchian assiste à cette conférence, qui joue un rôle non négligeable dans son engagement politique communiste. Cette orientation vers le communisme puis l'antinazisme est aussi nourrie par son expérience du génocide arménien : ses traumatismes lui donnent « une sensibilité qui, adulte, nourrit son aversion contre les injustices sociales et le porte vers le communisme », note Astrig Atamian. Intéressé par l'actualité internationale, il est très impressionné par le communiste Georgi Dimitrov, alors accusé de l'incendie du Reichstag et jugé à Leipzig à partir de septembre 1933 : « Manouchian avait exprimé toute son aversion pour le nazisme et son admiration pour l'attitude courageuse et téméraire de cet homme. Le comportement héroïque de Dimitrov l'avait enthousiasmé par la façon dont celui-ci avait dénoncé l'« imposture nazie » », raconte Mélinée. Il lui consacre ainsi un poème. Même s'il fréquente depuis au moins 1931 les militants communistes de la région parisienne, il n'adhère au Parti communiste français qu'en 1934, à la suite de la crise du 6 février 1934. Il participe aux manifestations antifascistes des 9 et 12 février, et se rend aux meetings de la gauche. Dans la foulée, il s'inscrit aux cours de l'université ouvrière afin d'étudier d'un point de vue révolutionnaire la philosophie et l'économie politique.
Sources : fr.wikipedia.org
Il prend aussi des cours d'orateur, parler en public n'étant pas son fort : « Toujours très concis, son discours allait droit à l'essentiel. Il parlait sans effets, ce qui pouvait donner l'impression, parfois, d'une certaine froideur de ton », raconte Mélinée. De plus, il entre, vraisemblablement à cette époque mais sans que l'on ne connaisse la date exacte, dans la Main-d'œuvre immigrée (MOI) (peut-être en 1936) et dans la sous-section arménienne du PCF. Toujours en 1934, il adhère à la section française du Comité de secours pour l'Arménie (Hay Oknoutian Gomidé, HOG), conseillé en ce sens par David Davidian, sous-secrétaire de la section arménienne du PCF. Vers la fin des famines soviétiques de 1931-1933, qui touchent l'Arménie soviétique, il participe aux collectes de lait Nestlé, de farine et de sucre pour les envoyer aux enfants arméniens. Il rencontre Arsène Tchakarian à cette époque. Au sein du HOG, Missak est membre du comité du Quartier latin, plutôt composé d'intellectuels, tandis que Mélinée Assadourian milite au comité de Belleville, largement composé d'ouvriers. Chaque fin d'année, le HOG organise un gala. C'est au gala de décembre 1934 que Mélinée, alors responsable de la caisse, rencontre pour la première fois Missak. Elle décrit ainsi Missak, qui l'invite à danser avec lui : « Jeune, d'allure sportive, très brun, ses yeux étaient d'un noir profond comme la nuit qui porte en elle le soleil à venir ». Cette première danse se passe très mal, son cavalier lui marchant sur ses chaussures neuves durant une valse :
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« C'était, en cet instant, très certainement, la pire des choses qui pouvaient m'arriver. Je crois bien que mon partenaire est devenu, à ce moment précis, la personne que je haïssais le plus au monde. […] Le reste de la soirée, je ne cessai de regretter d'avoir pris le risque fatal d'endommager mes vêtements. Lorsqu'est arrivée la fin de notre gala, mon maladroit s'est proposé pour me raccompagner. Mais j'avais contre lui un tel ressentiment, que j'ai énergiquement décliné son offre. Je ne pensais qu'à mes souliers… Et je suis rentrée seule. »
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En 1934-1935, époque de la montée du Front populaire, le HOG connaît un développement notable de ses effectifs et a besoin de nouveaux cadres : lors du congrès du HOG de juillet 1935, un nouveau conseil central est élu, élection lors de laquelle chaque section est représentée par un délégué. Un des objectifs du Congrès est l'élection au Comité central de nombreux jeunes et de femmes. Missak et Mélinée sont alors tous les deux désignés délégués par leur section respective et sont donc présents au Congrès. Lors de la pause déjeuner qui précède le vote, Mélinée raconte : « Là, j'ai senti qu'un garçon me regardait de ses yeux noirs étincelants ». Si elle avait alors oublié leur malheureuse première rencontre, il l'impressionne cette fois-ci beaucoup : « Il était le centre des jeunes. Il parlait de tout et cela m'a beaucoup impressionnée. Politique, social, organisation, sport, art, littérature, rien ne lui semblait être étranger de ce qui constitue l'activité humaine ». Ils sont tous les deux élus au Comité central et Missak est de plus élu au poste de Deuxième secrétaire, assistant Haïg Kaldjian, le secrétaire général. Missak et Mélinée se fréquentent ensuite quotidiennement dans les bureaux de l'organisation :
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